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Du solaire au lunaire : quand la respiration nous aide à retrouver notre équilibre

Bien avant que la science moderne ne parle du système nerveux sympathique et parasympathique, les traditions yogiques avaient déjà développé une compréhension très fine de la relation entre le souffle, l’état intérieur et notre niveau d’activation.

Dans la tradition du Yoga et de l’Ayurveda, le corps et le mental ne sont pas considérés comme deux mondes séparés. La manière dont nous respirons, notre niveau d’énergie, notre état émotionnel et notre capacité à nous apaiser sont intimement liés.

Cette vision s’exprime notamment à travers deux grands nadis, ou canaux énergétiques : Ida et Pingala.

Ida et Pingala : les deux polarités

Pingala est associé à l’énergie solaire.

C’est une énergie de mouvement, d’action, de chaleur et de dynamisme. Elle nous accompagne lorsque nous avons besoin d’être actifs, alertes, concentrés et tournés vers l’extérieur.

Ida, à l’inverse, est associé à l’énergie lunaire.

C’est une énergie plus douce, fraîche, réceptive et intériorisée. Elle nous invite davantage au calme, au repos et au retour vers nous-mêmes.

Entre ces deux courants se trouve Sushumna, le canal central, associé dans la tradition yogique à un état d’équilibre.

Il ne s’agit pas de dire qu’Ida et Pingala sont les équivalents exacts du système parasympathique et sympathique : les deux modèles appartiennent à des cadres de compréhension différents. Mais la correspondance est intéressante.

Car aujourd’hui, nous savons que notre système nerveux autonome participe à la régulation de notre état d’alerte et de notre retour au calme.

Et depuis des millénaires, les pratiques yogiques utilisent justement le souffle comme un moyen d’agir sur notre état intérieur.

Le souffle : un véritable outil de régulation

C’est ce qui me fascine particulièrement dans la respiration yogique.

Nous respirons en permanence, souvent sans même y penser. Pourtant, notre manière de respirer peut être très différente selon que nous sommes détendus, stressés, concentrés ou en mouvement.

Le Yoga a développé de nombreuses techniques de pranayama permettant d'explorer cette relation entre le souffle et notre état intérieur.

Certaines respirations sont dynamisantes et stimulantes. Les respirations dites « de feu », par exemple, sont traditionnellement utilisées pour activer, réchauffer et réveiller l’énergie.

D’autres pratiques vont au contraire favoriser le ralentissement et l’intériorisation.

Et puis il existe des respirations dites équilibrantes, comme Nadi Shodhana, la respiration alternée, traditionnellement utilisée pour harmoniser Ida et Pingala.

Le soir, passer du solaire au lunaire

Cette notion prend tout son sens lorsque l’on parle du sommeil.

Notre journée nous place souvent dans une dynamique très « solaire » : travailler, décider, organiser, répondre, anticiper, courir après le temps…

Puis arrive le soir.

Et nous demandons parfois à notre corps de passer immédiatement de cette activité intense au sommeil.

Or, le corps et le mental ont besoin d'une transition.

C’est là que la respiration peut devenir un véritable pont entre l’activité et le repos.

Une respiration plus lente, douce et consciente, avec une expiration légèrement prolongée, peut nous aider à quitter progressivement cet état de vigilance.

Nous passons peu à peu du mouvement vers l’immobilité, de l’extérieur vers l’intérieur, du solaire vers le lunaire.

Et si nous arrêtions de vouloir « forcer » le sommeil ?

C’est également ce que j’aime dans l’approche sophrologique.

Lorsque nous avons des difficultés à dormir, nous cherchons souvent à provoquer le sommeil.

On regarde l’heure.

On calcule le nombre d’heures qu’il reste avant le réveil.

On se demande pourquoi on ne dort pas.

Et plus nous cherchons à contrôler le sommeil, plus nous pouvons maintenir notre organisme dans un état de vigilance.

La respiration nous offre une autre possibilité : ne pas chercher à dormir, mais simplement créer les conditions du repos.

Sentir l’air entrer et sortir.

Ralentir progressivement.

Relâcher les tensions du visage, des épaules, du ventre.

Porter son attention vers les sensations plutôt que vers les pensées.

Il ne s’agit pas de vider complètement son esprit. Il s’agit simplement de ne plus être obligé de suivre chacune de ses pensées.

Une sagesse ancienne qui trouve aujourd’hui un nouvel éclairage

Ce qui me touche dans ces traditions, c’est cette intuition très ancienne selon laquelle le souffle peut devenir un chemin vers l’équilibre.

Aujourd’hui, les neurosciences et la physiologie permettent d’étudier de manière beaucoup plus précise les mécanismes du système nerveux autonome et l’influence de la respiration sur notre état physiologique.

Le Yoga, lui, nous invite depuis des millénaires à expérimenter directement cette relation.

À observer notre souffle.

À observer notre état intérieur.

À apprendre, progressivement, à passer de l’agitation au calme.

Du solaire au lunaire.
De l’action au repos.
Du contrôle au lâcher-prise.

Et peut-être que, certains soirs, nous n’avons finalement pas besoin de chercher davantage à dormir.

Nous avons simplement besoin de ralentir suffisamment pour laisser le repos nous trouver.

Ce ne sont pas des concepts abstraits : ce sont des leviers concrets, à intégrer petit à petit dans votre quotidien. Envie d'aller plus loin dans leur pratique ? Prenons rendez-vous.